Description des concepts

Réfléchir aux trois stratégies, c’est faire le point sur l’existant et inventer le futur en vue de répondre au plus près des besoins d’accompagnement des jeunes confiés à chacune des écoles.

La différenciation (approche pour gérer et réduire les écarts entre élèves, gérer l’hétérogénéité des classes et diminuer le redoublement, selon le Décret "Missions") s’opère en plusieurs temps : analyser les besoins spécifiques de chaque élève ou groupe d’élèves, apporter une réponse individuelle ou collective à ces besoins, réajuster ses réponses adéquatement en adoptant une attitude réflexive permanente.  Si le terme « différenciation » induit l’accompagnement des élèves en difficulté, il ne peut se focaliser uniquement sur ceux-ci : chaque élève a développé des prédispositions et des caractéristiques qui lui sont propres. 

Indépendamment de cette crise sanitaire, le Pacte pour un Enseignement d’Excellence prévoit l’implémentation progressive de l’accompagnement personnalisé dans ses dimensions de remédiation, de consolidation et de dépassement et c’est bien dans ce contexte que doit s’inscrire la différenciation.

Le décrochage est un mal profond de notre enseignement qui s’est encore renforcé pendant la période de confinement. 

 

Au niveau décrétal, sont considérés comme en décrochage :

  • les élèves en situation de « déshérence »,

  • les élèves en situation d’absentéisme qui comptabilisent 9 demi-jours d’absence injustifiée (et font l’objet d’un signalement au SDI),

  • les mineurs non-inscrits.

Ce concept s'applique plus largement toutefois et ne se limite pas à cet aspect.

Il concerne au fond tant le désinvestissement dans le travail scolaire (une accumulation de retards et d’échecs), que l’abandon, partiel ou total, de la fréquentation du milieu scolaire. 

 

La littérature s’accorde à dire que le décrochage constitue un processus multifactoriel complexe – lié à des facteurs individuels, familiaux, sociaux, scolaires, entre autres – amenant progressivement un élève à se désaffilier de sa scolarité ou du système scolaire. L’expression ultime de ce processus de décrochage est l’abandon scolaire précoce.

 

 

Chaque établissement peut agir efficacement sur les causes qui lui sont propres et liées aux domaines d’accompagnement. 

 

L’accrochage scolaire, dont la différenciation peut être un des outils adéquats, se construit aussi au sein de nos classes.

L’école ne peut , par contre, pas tout gérer, c’est précisément pourquoi on l’invite à mobiliser les acteurs de son environnement proche.

 

L'hybridation de l'enseignement (nécessaire dans des contextes pointés par les circulaires) revient concrètement à combiner des activités en présentiel et à distance, qu’elles soient synchrones (les activités à distance réalisées en temps réel) ou asynchrones (les activités à distance réalisées de façon autonome par les élèves). Cette combinaison, qui doit faire sens, entend soutenir les élèves dans des proportions réfléchies, le cas échéant dans un contexte sanitaire compliqué.  Comme il ne s’agit pas d’une simple transposition à domicile de ce qui ne peut se faire en classe, l’hybridation nécessite de repenser son enseignement et impacte la charge de travail et le temps à y consacrer, du moins au début du processus réflexif.  L’enseignant change de position pour devenir davantage un accompagnateur qu’un transmetteur.  En effet, dans un contexte hybride, l’élève est plus encore acteur et engagé dans son apprentissage et doit gérer son autonomie, la flexibilité de son travail, la collaboration avec ses pairs.  Les technologies numériques sont des outils (et non des finalités) très utiles, à condition qu’elles soient disponibles et maitrisées.  Des substituts sont possibles.  Que de défis à rencontrer : veiller à l’engagement et à la motivation des élèves, gérer de manière créative le temps en classe, équilibrer les activités en classe et à distance pour qu’elles se combinent et se complètent, soutenir les élèves tout au long du parcours d’apprentissage.